Comment améliorer la sûreté et sécurité des salariés français ?

L’article L.4121- 1 du code du travail: "l’employeur doit prendre les mesures nécessaires pour « assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs".

Le sentiment d’insécurité au travail perçu par les salariés français

Les salariés français ont le sentiment que l’insécurité est en progression tant sur le lieu de travail que sur le trajet pour s’y rendre.

Ce sentiment est plus marqué dans certaines activités comme les transports ou les services publics, et à contrario beaucoup moins développé dans l'industrie.

Un sentiment de menace terroriste présent aussi dans le cadre professionnel

Près d’un salarié sur 4 considère la menace terroriste comme étant sérieuse dans le cadre de son travail et celle-ci est davantage ressentie par ceux travaillant dans le secteur des transports (39%) ou dans les secteurs de l’administration, de l’éducation et de santé (34%). Le fait d’être au contact avec le public a également une incidence sur la perception de cette menace.

Sur le lieu de travail, la moitié des salariés perçoit des incivilités et un tiers des agressions verbales ou des menaces

Toujours au chapitre de la perception des menaces, la moitié des salariés constate des petites incivilités telles que le stationnement non autorisé sur des places de parking, l’utilisation des effets personnels... qui résultent davantage d’un manque de savoir-vivre que de comportements agressifs.

Néanmoins, ils sont quand même plus d’un tiers (37%) à ressentir un risque d’agressions verbales ou de menaces et 9% expriment ce sentiment pour les agressions physiques.

Ainsi, 36% des salariés interrogés indiquent qu’ils ont été eux-mêmes victimes d’insultes ou de menaces sur leur lieu de travail lors des 5 dernières années. 17% rapportent avoir été victimes de vols. Les agressions physiques sont plus rares.

Ainsi 68% des personnes ayant été insultées sur leurs lieux de travail, l’ont été à plusieurs reprises, 35% de celles qui ont été agressées physiquement l’ont été plusieurs fois.

Les fonctionnaires en première ligne

Les salariés du secteur public sont plus exposés que la moyenne générale. Ainsi, quand 36% des salariés français rapportent avoir été dans les 5 dernières années victimes d’insultes ou de menaces, ce chiffre atteint 48% pour les seuls fonctionnaires. Ils sont également 12% à rapporter des agressions physiques sur la même période pour une moyenne nationale de 8%. Les salariés du secteur du commerce ou des transports sont également plus exposés que la moyenne nationale. A contrario, ceux de l’industrie bénéficient d’un climat plus serein.

Le contact avec le public : un facteur déterminant de l’insécurité

De façon plus générale, le contact avec le public est un élément marquant de survenance de tels actes.

Si 36% des salariés français indiquent en moyenne avoir été victimes d’insultes ou de menaces les 5 dernières années, ce chiffre monte à 47% pour les salariés souvent en contact avec le public. Les agressions physiques passent de 3% pour les salariés rarement ou jamais en contact avec le public, à 14% pour ceux qui le sont souvent.

Des traumatismes qui génèrent des arrêts de travail

Les salariés sont 8% à déclarer avoir eu lors des 5 dernières années un arrêt de travail en raison d’un problème de sécurité sur le lieu de travail. On note que les salariés du secteur public sont plus nombreux dans cette situation, un constat en ligne avec le nombre plus élevé d’actes dont ils sont victimes. 4% des salariés indiquent avoir eu des arrêts de travail sur la période en raison de problèmes de sécurité lors des trajets.

Des coûts indirects pour les employeurs à ne pas négliger

Si l’employeur peut estimer de façon relativement précise les dommages liés aux biens de l’entreprise, le coût indirect de l’insécurité vécue par les salariés est-il toujours bien pris en compte ? Or les arrêts de travail qui en résultent ont nécessairement des conséquences en termes de productivité ou de service rendu. Le turn-over engendré, même s’il n’est rapporté que par 5% des salariés, a également un coût. Plus difficile à mesurer, il faudrait également s’interroger sur l’impact sur la motivation et l’efficacité de certains collaborateurs confrontés à des situations d’insécurité.

Quel rôle pour l'employeur dans la lutte contre l'insécurité de ses salariés ?

« L’obligation de prévention de l’employeur s’étend aux mesures visant à prévenir le harcèlement moral. En effet, les dispositions législatives relatives à la lutte contre le harcèlement moral ont également pour objet de protéger la santé physique et mentale des salariés. La Cour de cassation juge donc que l’employeur manque à son obligation de sécurité de résultat lorsqu’un salarié est victime, sur le lieu de travail, de violences physiques ou morales exercées par l’un ou l’autre de ses salariés »

  • 1/3 des salariés estiment que leur employeur ne fait pas suffisamment d’effort pour assurer leur sécurité sur le lieu de travail.

Majoritairement, les salariés estiment que leur employeur fait peu ou n’est vraiment pas préoccupé par leur sécurité lors des trajets pour se rendre au travail. Un constat qui peut sembler logique, car l’employeur n’a pas nécessairement les moyens d’agir ou une responsabilité sur des événements qui se produisent dans le domaine public.

Mais près d’un tiers des salariés fait le même constat sur le lieu de travail, un domaine où l’employeur a des moyens d’action – voire une responsabilité - pour améliorer la sécurité de ses salariés.

Les solutions pouvant améliorer leur sécurité d’après les salariés

Si on demande aux salariés de donner une note de 1 à 10 (10 étant la meilleure efficacité) sur les différentes solutions qui pourraient améliorer leur sécurité sur le lieu de travail, les sondés considèrent que la solution la plus efficace est d’équiper l’organisation (entreprise ou administration) d’un système de sécurité globale à commencer par une surveillance humaine assurée par des agents de sécurité qualifiés pouvant:

  • intervenir en cas de premiers secours,
  • assister toute personne en danger.

Les agents de sécurité permettent également de superviser le contrôle d’accès par badge.

La vidéosurveillance vient en deuxième, ce qui semble confirmer que le rôle dissuasif de telles solutions est désormais compris par les salariés. Les systèmes de détection- intrusion sont également cités et ce constat est en ligne avec le nombre d’actes observés par les salariés, dus à des intrus.


Source: livre blanc, Horoquartz.