Dégradation de la sûreté-sécurité au travail

Nous avons tous dans notre entourage des personnes ayant subi des agressions, des menaces, ou des incivilités dans le cadre de leur travail ou des trajets pour s’y rendre ou en revenir. Nous avons parfois vécu nous-même ce type de situation.

Existe-t-il des statistiques officielles qui donnent une vision objective et complète de la réalité vécue par les 25 millions de salariés français ? Il est probable que les chiffres de la police, de la gendarmerie voire des compagnies d’assurance ne reflètent pas complètement la réalité, tout simplement parce que ces actes ne font pas systématiquement l’objet d’un dépôt de plainte ou d’une demande d’indemnisation.

C’est pour cette raison qu’Opinionway a décidé d’interroger directement les salariés français et d’essayer de faire la part des choses entre ce qui relève de la perception et de la réalité vécue.

La perception des salariés français de leur propre sûreté-sécurité au travail

41% des salariés interrogés ont le sentiment que l’insécurité est en progression sur les trajets pour se rendre au travail et 26% que l’insécurité est en progression sur le lieu même de travail. Globalement, le sentiment d’insécurité est nettement plus fort parmi les salariés étant en contact direct avec le public dans le cadre de leur travail.

Même si tous les secteurs d’activité sont concernés par ce sentiment d’insécurité, le secteur des transports, les administrations, l’éducation et la santé semblent davantage touchés par le phénomène.

Sur le lieu de travail, la moitié des salariés perçoit des incivilités telles que le stationnement non autorisé sur des places de parking, l’utilisation des effets personnels… qui résultent davantage d’un manque de savoir-vivre que de comportements agressifs. Néanmoins, ils sont quand même plus d’un tiers (37%) à ressentir un risque d’agressions verbales ou de menaces et 9% expriment ce sentiment pour les agressions physiques.

L’insécurité au travail réellement vécue par les salariés français

L’étude menée par Opinionway a également mesuré l’insécurité au travail réellement vécue par les salariés français. Les résultats font ressortir une réalité assez proche de la perception que se font les salariés. Ainsi, un tiers d’entre eux (36%) déclare avoir déjà subi des insultes ou des menaces dans les cinq dernières années, bien souvent de manière répétée. 17% ont par ailleurs été victimes de vols, et 8% d’agressions physiques. De façon plus générale, les personnes en contact fréquent avec le public sont beaucoup plus concernées par de tels actes

Majoritairement, ces actes sont le fait de personnes étrangères à l’entreprise (clients, visiteurs, intrus). C’est le cas à 51%, pour les agressions physiques et à 55% pour les menaces et insultes. D’un point de vue géographique, le quart Nord-Ouest de la France semble être la région la plus sûre sur le lieu de travail. L’Ile-de-France, si l’on s’en tient au lieu de travail, est également une région plutôt sûre

Si, pour le lieu de travail, la perception des salariés est très proche de la réalité vécue, il en est autrement pour les trajets. Les actes subis sont inférieurs à la perception que s’en font les salariés.

Un traumatisme pour les salariés qui attendent des réponses de leur employeur

Les agressions physiques, vols ou insultes sur le lieu de travail ou sur le trajet génèrent des traumatismes d’une importance variable suivant la nature de l’acte. 84% affirment avoir été traumatisés par les agressions physiques, 71% par les vols, et 68% par les insultes ou menaces dont ils ont été victimes.

L’étude a également évalué les conséquences vécues de cette insécurité en termes d’arrêts de travail voire de changement d’employeur.

Les salariés sont 8% à déclarer avoir eu lors des 5 dernières années un arrêt de travail en raison d’un problème de sécurité sur le lieu de travail, et 4% en raison de problèmes de sécurité lors des trajets. Ils sont 5% à déclarer avoir changé d’employeur parce qu’ils sentaient que leur sécurité était menacée.

30% des salariés estiment que leur employeur ne fait pas suffisamment d’efforts pour assurer leur sécurité et près d’un sur deux considère qu’à l’avenir, il devra faire davantage.

Face à ces menaces, ils considèrent que la solution la plus efficace est d’équiper l’entreprise d’un système de contrôle d’accès par badge. Les solutions de vidéosurveillance viennent en deuxième, ce qui semble confirmer que le rôle dissuasif de la vidéoprotection est désormais bien compris par les salariés. Les systèmes de détection-intrusion sont également cités et ce constat est en ligne avec le nombre d’actes observés par les salariés, dus à des intrus.

( * ) Ce sondage a été réalisé en octobre dernier, auprès d’un échantillon représentatif de 2000 collaborateurs d’entreprises publiques et privées.