Etat des lieux sur l'opération Sentinelle et la sécurité privée

Invités sur le plateau de France 24, Claude Tarlet, président de l'Alliance Nationale des Activités Privées de Sécurité, et Claude Moniquet, ancien de la DGSE, ont dressé le constat suivant.

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L'opération Sentinelle est-elle encore adaptée?

Non seulement elle est adaptée, mais elle est indispensable. Au lendemain des attentats de 2015, le gouvernement et les gouvernements successifs depuis, ont mis en place un dispositif de sécurité intérieure très important. Dispositif qui repose sur l'action de la police, de la gendarmerie, des militaires à travers l'opération Sentinelle; mais aussi des policiers municipaux, ainsi que des entreprises privées de sécurité.

Sentinelle représente un effectif de 10 000 femmes et hommes sur le terrain, 6000 dans la région parisienne, 4000 en province; principalement orientés sur des périmètres très sensibles, ils ont notamment joué un rôle essentiel devant les lieux de culte durant les derniers mois.

Pourquoi les militaires sont-ils des cibles de choix pour les terroristes ?

Ils symbolisent à l'évidence l'autorité de l'Etat, et ils sont par nature, comme des policiers et des gendarmes exposés en première ligne aux attaques de ceux qui veulent nuire à notre équilibre.

Les agents de police territoriales et municipales sont bien évidement exposés eux aussi, et les agents de sécurité privée ont joué un rôle essentiel, en première ligne lors des attentats au stade de France.

Un dispositif global de sécurité intérieure du pays

En favorisant l'harmonisation du travail en commun: à l'Etat la responsabilité des espaces publics et à l'entreprise de sécurité privée, lorsqu'elle est sollicitée, la responsabilité d'espaces privés. Chacun doit travailler avec un objectif identique et avec cette même culture partagée.

A titre d'exemple le secteur privé de la sécurité en Israël joue un rôle primordial dans la sécurisation des lieux privés.

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L'armement des agents de sécurité privée

L'armement des agents privés de sécurité pose débat, alors même qu'une nouvelle loi de mars 2017 autorise certaines entreprises de sécurité privée dans des cas précis et encadrés à disposer de gardes armés, autrement dit des équipes spécialisées sous contrôle pouvant être autorisées, dans certaines conditions à porter une arme.

Il ne s'agit pas de favoriser l'armement des 170 000 personnes intervenants dans ce secteur, mais pour quelques centaines d'entre elles, sous réserve qu'elles interviennent en appui, dans des espaces fermés de l'action publique; des dispositions pourraient entre organisées.

Ce secteur est sous contrôle, puisqu'il existe un Conseil National des Activités Privées de Sécurité, dépendant du Ministère de l'Intérieur, et qui est habilité à délivrer des habilitations et exercer des contrôles.

Le secteur de la sécurité privée, peut-il évoluer vers de nouvelles responsabilités ?

Probablement avec des structures dédiées et en favorisant des passerelles très fortes avec des anciens militaires, gendarmes, policiers, ou des anciens des services; pour qu'ils puissent trouver au sein de ces entreprises la possibilité de poursuivre leurs activités en étant précisément peut-être armés demain, puisque disposant d'un savoir-être et d'un savoir faire.

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