Sept idées reçues sur les agents de sécurité

La France compte 160 000 agents de sécurité privée. Ils sont de plus en plus nombreux et de mieux en mieux formés. Face aux nouveaux dangers, les formations évoluent. D'ici 2017, le module "prévention au terrorisme" sera obligatoire pour devenir agent de sécurité.
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1) Mesurer 2 mètres et peser 110 kg suffisent : ce temps-là est révolu####

« Avant, on voyait beaucoup d’amateurs de sports de combat, des personnes au physique impressionnant. Mais ce n’est plus un critère. » Laurent Arnou, gérant d’Élite sécurité à Reims, pose les bases.

Une bonne condition physique est indispensable mais pour la formation initiale, il est surtout nécessaire d’avoir un casier judiciaire vierge et d’être inconnu des forces de l’ordre. Un grand excès de vitesse ou avoir été impliqué dans des affaires de vols, violences, trafics de stupéfiants, escroquerie… peuvent suffire à une disqualification.

2) Un diplôme n’est pas nécessaire

Faux: depuis une dizaine d’années, des formations de BEP, CAP jusqu’au DUT proposent des cursus dans la sécurité. Les policiers et gendarmes détiennent de fait tous les agréments pour couvrir les branches de la profession.

Aujourd’hui d’ailleurs, les règles pour travailler dans les entreprises de sécurité sont « aussi strictes que pour passer le concours de police », poursuit le responsable. « Avant, il y avait une forme de laxisme. C’est fini. D’ailleurs, l’État nous pique parfois de très bons éléments qui entrent dans les forces de l’ordre. »

3) L’agent de sécurité n’est qu’un vigile

Là encore, il ne s’agit pas que de garder des accès, avec ou sans chien. Lors des 140 heures de formation de base, les candidats apprennent le droit et l’éducation civique (constitution, fonctionnement du gouvernement, de l’Assemblée nationale…). L’affirmer paraît évident mais parler français, savoir lire et écrire sont devenus indispensables. D'ici 2017, le module "prévention au terrorisme" sera obligatoire pour devenir agent de sécurité.

« Il y a plusieurs années, j’avais recruté un Géorgien qui parlait six langues mais pas très bien français. Depuis la mise en place de toute la réglementation, il a obtenu toutes ses validations des acquis de l’expérience », précise Laurent Arnou. Rédiger un rapport, une main courante, maîtriser l’outil informatique, avoir des rudiments de langues étrangères sont nécessaires. « Nous sommes par exemple présents chez McCain à Matougues. Aux accès peuvent arriver des chauffeurs étrangers, il faut comprendre et se faire comprendre. »

4) Physionomiste est une spécialité

« Non, cela fait partie du boulot. Si vous ne savez pas reconnaître et imprimer les visages, il faut changer de métier. »

La psychologie est tout aussi importante. Face à des jeunes, ou moins jeunes, alcoolisés, conserver son sang-froid n’est pas forcément inné. « Nous avons commencé par les soirées étudiantes, appuie Laurent Arnou. Il était hors de question d’avoir un geste déplacé contre un étudiant. Il faut de la pédagogie, savoir discerner la personne qui s’amuse de celle qui peut être agressive. »

5) C’est un métier d’homme

Isabelle Derulle, géante de LADP à côté de Sedan, prouve que c’est faux. Une poignée de femmes dirigent des sociétés. Mais beaucoup font partie des effectifs d’agents et sont reconnues pour leurs qualités. « Elles abordent les problèmes différemment ; désamorcent plus facilement les conflits », reconnaît Laurent Arnou. De façon plus pragmatique, elles sont très recherchées pour les palpations.

En France en 2014, elles représentaient 15 % de la profession.

6) Les agents de sécurité peuvent être armés

La loi le prévoit (article L613-5). Les convoyeurs de fonds disposent déjà d’armes létales (au-delà de la quatrième catégorie). Le port d’arme reste soumis à l’autorisation du préfet. Mais une majorité de gérants de société se montrent prudents.

« Pour les transferts de fonds, je trouve cela normal », lâche Sébastien Noël, gérant d’Arden’ sécurité. « Pour le reste, c’est plus délicat. Pourquoi pas le port du taser ? Ce serait un premier pas », suggère l’ancien flic. « Sous formation et pour certaines missions, cela pourrait être utile », appuie Didier Bionaz, de la société éponyme à Abbécourt, dans l’Aisne.

7) La profession est de plus en plus demandée

Oui et non. Les demandes de stage affluent.

Riad Krid, responsable de Global sécurité privée, à Reims, en atteste. « Mais je n’en propose pas. De toute façon, ce n’est pas en trois jours que le métier s’apprend. » Par contre, les besoins en recrutement se font sentir. Surtout que les collectivités ou organisateurs d’événements, même à petite échelle, réclament plus d’agents.

« Ces derniers temps, nous doublons les effectifs », assure Didier Bionaz. « Nos besoins sont réguliers mais ponctuels. » Les CDD (deux tiers des contrats signés en France en 2014) sont donc plus proposés que des CDI.

Ce que confirme Sébastien Noël qui n’a jamais aussi bien travaillé. « En enregistrant des contrats en début d’année, j’avais déjà du travail jusqu’à la fin de l’année. »

Dossier réalisé par Claire HOHWEYER.

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