Le métier d'agent de sécurité est en évolution

Témoignage

« Bonjour, vous pouvez ouvrir votre sac, s’il vous plaît ? »
Tout en parlant, Florent aperçoit une voiture qui s’approche de la salle de spectacles. Derrière lui, il entend un groupe d’enfants s’approcher de la sortie. Rien d’anormal. Pour l’instant. Tout en vérifiant le contenu du sac qui lui est présenté – inoffensif –, il ne peut s’empêcher de penser à l’importance de son rôle d’agent de sécurité.
« Depuis les attentats de Paris, les gens sont plus réceptifs, ils nous disent bonjour. On voit qu’ils apprécient notre présence. »

À 42 ans, cela fait douze ans qu’il est « ADS », agent de sécurité chez DGSA, une entreprise de Soissons. « J’ai choisi ce métier parce que j’aime protéger les autres », explique-t-il.

Un métier très opérationnel

Aujourd’hui, il est posté à l’entrée d’un forum dédié aux métiers de la sécurité, à Vitry-le-François. À ses côtés, Nicolas, 37 ans. Lui a commencé, à l’âge de 17 ans, par amour… des chiens. « Je suis agent cynophile, d’habitude je travaille avec mon berger malinois. Il n’était pas mobilisé aujourd’hui ! »

En temps normal, les deux hommes assurent la sécurité de l’université de Reims. « Depuis Vigipirate, le métier a changé, il faut être encore plus rigoureux. On ne peut pas se permettre de laisser entrer des gens qui n’ont pas de badge », détaille Florent. « J’ai eu récemment un problème sur le campus Croix-Rouge avec des individus qui venaient racketter un étudiant. Je les ai vus faire, ils n’ont pas voulu le laisser tranquille, et j’ai dû intervenir avec mon chien », raconte Nicolas. Ce n’est pas parce que le chien porte une muselière qu’il est moins dissuasif : il est entraîné pour frapper avec son museau.

Nicolas nous explique que « L’agent cynophile est en fait un agent armé, bien conscient de mes responsabilités, avec mon chien. Des incidents relativement graves, j'en vis trois ou quatre fois par an, mais pas question de me comporter en cow-boy, c’est un métier où garder son sang-froid est indispensable.»

Florent nous résume qu'« Il faut aimer le contact avec les gens, et pouvoir gérer toutes sortes de situations. Il faut aussi pouvoir être seul une grande partie de la journée, c’est rare que l’on soit deux à être postés au même endroit.»

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Une palette de métiers à découvrir

Derrière les idées reçues, les métiers de la sécurité offrent une variété de débouchés : convoyeur de fonds, agent de sûreté aéroportuaire, opérateur de vidéosurveillance…

« La profession recouvre en fait huit métiers différents », précise Philippe Steinmetz, de la délégation du CNAPS (Conseil National des Activités Privées de Sécurité) de Metz. « Il existe toutes sortes de formation : CAP, bac pro, écoles privées, Afpa… Mais tous les agents doivent être agréés par notre structure avant d’exercer », explique-t-il. Chaque année, le CNAPS de Metz, dont la zone de compétence est calquée sur la zone de défense militaire de l’est de la France (18 départements), reçoit 11 000 dossiers, dont 25 % de demandes d’entrée en formation.

Une fois en activité, les agents de sécurité continuent d’être régulièrement contrôlés. « Tous les cinq ans, une enquête de police est faite sur nous. Il n’y a pas que le casier judiciaire : ils regardent dans les différents fichiers si notre nom apparaît », explique Nicolas.

Tous les deux ans, l’agent cynophile, comme tous ses collègues, doit aussi se maintenir à niveau avec une formation de secourisme de 48 heures, en plus des 140h de formation obligatoire à l'obtention de la carte professionnelle.

Propos recueillis par Charles Montmasson pour l'Union.

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