Culture sécurité: l'importance de savoir réagir

Au-delà de la question de l'alerte (SAIP, cell broadcast, sirènes...), il est nécessaire de se pencher sur la question de la réaction que chacun doit adopter en fonction de la situation.

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Il est aujourd’hui très classique de dire que chacun à un rôle à jouer en matière de sécurité, et c’est déjà plus neuf quand on parle du citoyen acteur de sa sûreté. Alors mettons-nous d’accord sur un sens large et entendons l’expression de « culture sécurité » comme un ensemble de savoirs à acquérir collectivement en matière de risques et de menaces.

Pour appréhender les tenants et les aboutissants de cette culture, il me semble judicieux de commencer en évoquant les moyens d’alerte ainsi que les premières consignes à respecter.

Connaitre les canaux d’alerte et d'information

En matière d’alerte, il y a deux éléments : savoir donner l’alerte et savoir la reconnaître. Ainsi, il est important que chacun connaisse – dès le plus jeune âge – les différents canaux d’alerte.

Savoir donner l’alerte, c’est savoir qui prévenir et comment. Et tout d’abord rappelons que, non, les réseaux sociaux ne sont pas le meilleur canal (donc pas de selfie devant un accident de voiture, pas de tweet sur une attaque terroriste…). La meilleure façon de donner l’alerte – après avoir protégé la scène autant que possible et nécessaire – est d’appeler ou de faire appeler l’un des principaux services de secours qu’il s’agisse du 15 pour le Samu, du 17 pour la police, du 18 pour les pompiers ou encore du 112 pour un appel d’urgence européen.

Lors de cet appel, l’opérateur vous demandera un maximum d’information afin de prévoir le mieux possible l’assistance : donner lui toutes les réponses que vous pouvez et ne raccrocher en aucun cas avant qu’on ne vous l’autorise.

Ensuite (idéalement en même temps), en fonction de la situation, adoptez le bon comportement qui peut consister à administrer les premiers secours ou à organiser l'évacuation des personnes présentes. C’est éventuellement à ce moment que vous pouvez utiliser les réseaux sociaux (que l’on appelle alors « médias sociaux en gestion d’urgence » dont l'association Visov se veut le fer de lance) ou encore une application spécialisée comme Qwidam ou Vialert qui alertera les utilisateurs de l’application présents dans la zone concernée.

Si vous n’êtes pas la personne qui donne l’alerte, vous devez être capable de connaitre les signaux d’alerte et, en premier lieu, la traditionnelle sonnerie du réseau national d’alerte (que vous entendez peut-être le premier mercredi de chaque mois) qui vous invite à vous confiner dans un endroit clos et d’écouter une radio (radio locale, France Inter ou France Info).

Ceci dit, avec les nouvelles technologies, il existe maintenant des applications capables de donner l’alerte ainsi que la conduite à tenir. Ainsi par exemple de Vialert ou encore de SAIP (le système d’alerte et d’information des populations du gouvernement) qui, en vous donnant l’alerte, vont vous proposer les différents éléments de la conduite à tenir en fonction de la situation.

Savoir réagir sans (trop) subir

Savoir réagir sans subir est un élément fondamental de la « culture sécurité » même si c’est sans doute plus facile à dire qu’à faire quand la situation est plus ou moins grave.

Il revient alors à chacun d’être conscient de ses limites et, dans l’idéal, de travailler à les repousser pour savoir réagir au mieux par exemple en suivant un stage de sensibilisation aux premiers secours ou encore en se renseignant sur les éléments à donner lorsque l’on appelle un numéro d’urgence.

Savoir réagir, c’est aussi et surtout savoir s’adapter à la situation et au public présent puisqu’on ne réagira pas de la même façon devant un accident de voiture en bas de chez soi, devant un incendie dans l’usine voisine ou encore lorsqu’il s’agit d’une attaque à main armée dans une école en période de rentrée des classes.

L’image qui illustre le présent article montre ainsi les différentes attitudes à avoir fonction des différents scenarii des plans particuliers de mise en sûreté (qui sont notamment existants dans les écoles) : de l’évacuation au confinement en passant par la mise à l’abri. Il y a aussi d’autres consignes à connaitre qu’il s’agisse de rester silencieux, d’éloigner les sources de chaleurs, d’écouter la radio, de rationner l’alimentation, etc. Ce qui est fondamental, c’est de s’adapter à la situation.

Et, en plus de la situation, il faut aussi s’adapter aux personnes présentes afin que chacun soit en sécurité et ne soit pas un danger pour quelqu’un d’autre. Par exemple, dans le cadre d’une évacuation, des personnes sont – normalement à l’avance – désignées comme serre file ou guide file afin de s’assurer de la bonne exécution de la mesure. Autre illustration : un professeur des écoles doit dire à ses élèves quelle conduite tenir en cas d’attaque dans l’école. Ou encore, si vous avez un accident de voiture, vous devez vous sécuriser en enfilant un gilet fluorescent et en installant un triangle à bonne distance de votre véhicule afin d’avertir les autres conducteurs.

Ainsi, chacun doit prendre conscience de sa place dans la société et donc de son rôle en matière de sécurité. Une fois cela admis, une nouvelle mission se fait jour: celle de sensibiliser les autres !
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Article écrit par Maxime Fialon